La première limite est le type d'articulation que l'on souhaite mobiliser.
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Par exemple, l'articulation du coude est une articulation dite trochléenne ou à charnière (ressemblant aux gonds d'une porte) qui n'a qu'un seul degré de liberté ; c'est-à-dire qu'elle ne peut faire des mouvements que par rapport à un seul axe (en l'occurrence les mouvements de flexion et d'extension par rapport à l'axe transversal passant par l'articulation). | |
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A l'opposé, l'articulation de la hanche est une articulation à trois degrés de liberté puisqu'elle peut être mobilisée selon les trois axes anatomiques (antéro-postérieur, transversal et longitudinal). En effet, c'est une articulation dite énarthrose ou sphérique, composée de deux demi-sphères (creuse et pleine) qui sont emboîtées l'une dans l'autre. Ainsi, tous les types de mouvements sont permis : flexion-extension, abduction-adduction, rotations interne-externe, et la circumduction qui est une combinaison des trois types de mouvements précédents. | |
La deuxième
limite vient du tissu conjonctif, principal constituant des éléments
de contention de l'articulation (capsule et ligaments), des différentes enveloppes
(fascias) donnant sa forme au muscle et des attaches qui lui permettent de se
fixer aux os (tendons).
Il est essentiellement constitué de fibres de collagène très résistantes à la
déformation (dans notre cas l'allongement).
Les données de Johns et Wright (1984) apportent un complément d'informations concernant la résistance relative à l'allongement des différentes composantes anatomiques que nous venons d'énumérer par rapport à la résistance totale de l'articulation mobilisée.
| Composante anatomique | % de résistance |
| Capsule articulaire | 47 % |
| Muscle | 41 % |
| Tendon | 10 % |
| Peau | 02 % |
| Tableau récapitulatif des résistances à l'allongement des différentes composantes anatomiques par rapport à la résistance articulaire totale. D'après Johns et Wright In Fox and Mathews (1984) | |
La quantité
tout comme les propriétés de tissu conjonctif peuvent varier avec la fonction
du muscle (Shadwick 1990). Par ailleurs, il a été montré
que la contrainte mécanique imposée par étirement à
un muscle contracté est plus petite dans un muscle ayant une majorité
de fibres lentes, alors que l'énergie élastique stockée
y est plus importante dans les fibres rapides (Komi, 1984) ; ceci suggère
que l'élasticité de la composante élastique série
d'un muscle lent est plus élevée que celle d'un muscle rapide.
Ces différences sont dues en grande partie au fait que la concentration
en collagène est plus élevée dans les muscles lents que
dans les muscles rapides, ce qui leur permet de mieux amortir les
variations de position de façon passive (Kovanen et coll. 1984).
De tels résultats sont en accord avec les analyses mécaniques
de base que l'on peut faire sur un mouvement rapide. La très grande raideur
et la faible déformation des muscles lents est bien adaptée à
une fonction musculaire qui est dédiée au contrôle continu
de la posture. A l'opposé, la raideur plus faible, la plus grande compliance
et la plus petite élasticité d'un muscle rapide très contracté
est beaucoup plus adaptée à l'amélioration de la rapidité
et de l'efficacité du mouvement.
Il est donc important de se rappeler que les muscles habituellement utilisés
dans le travail postural, et qui sont en plus sollicités dans une activité sportive
contraignante, nécessitent qu'on leur consacre toute notre attention
dans le travail de souplesse.
Limites d'âge et de mobilisation
Autres données importantes concernant le collagène : son évolution avec l'âge et l'entraînement ou la convalescence.

Figure 1 : Comparaison des
réponses à l'allongement d'un ligament
immobilisé pendant 8 semaines par rapport à un ligament contrôle.
Le ligament contrôle absorbe mieux l'énergie et est plus réactif
à l'allongement.

Figure 2 : Effet de l'immobilisation
et de la rééducation sur les propriétés mécaniques
du ligament croisé antérieur du singe.
La charge maximale et l'énergie emmagasinée par le tissu jusqu'à la rupture
ont été mesurée dans plusieurs conditions
(après 8 semaines d'immobilisation, après 5 mois puis 12 mois de rééducation)
et comparées aux valeurs obtenus dans le groupe contrôle.