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Pour comprendre, les techniques d'assouplissement,
nous allons à nouveau faire appel à quelles notions de mécanique des tissus.
Considérons d'abord le cas d'un test de résistance réalisé sur un ligament.
Pour se faire, une machine lui impose une traction progressive (stress), pendant
que l'on enregistre son élongation jusqu'à ce qu'il y ait rupture totale. La
figure 1 est un exemple de ce que l'on peut obtenir dans de telles conditions.
Figure 1 : Relation stress-déformation (commentaires dans
le texte) |
![]() Figure 2 : Image obtenue par microscopie électronique de fibres collagène d'un ligament de genou humain relâché (A) et en charge (B) (Kennedy et coll. 1976) |
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Voyons maintenant les conseils que l'on peut donner concernant les assouplissements en rapport avec la mécanique des biomatériaux. Certains de ces conseils vont vraisemblablement aller à l'encontre des habitudes certains entraîneurs. Pourtant ce sont ceux qui donnent les résultats les plus significatifs tant chez l'animal que chez l'homme.
Pratiquer
les assouplissements quand la raideur est maximale
La raideur
est plus élevée avant ou après l'exercice physique que pendant celui-ci.
Or, pour que les exercices d'assouplissement aient un effet durable, il faut
qu'ils puissent agir directement sur les structures responsables du maintien
passif des pièces osseuses et sur les structures conjonctives du muscle. Par
conséquent, le moment le plus propice à la pratique des assouplissements
est celui où la raideur musculaire est la plus élevée puisqu'il suffira alors
d'une traction plus faible pour obtenir un effet donné. Ce moment propice
est donc avant ou au moins 15-20 minutes après la fin de la séance
d'entraînement, lorsque la raideur a de nouveau augmenté. Inutile
donc de s'échauffer avant de faire des assouplissements.
Pratiquer
les assouplissements quand la température musculaire, voire corporelle,
est minimale
Les tissus sont plus extensibles
à température élevée (Lehmann et coll. 1970 ; Mutungi and Ramatunga, 1996 ;
Nooman et coll., 1993 ; Safran et coll., 1988 ; Warren and Lehmann 1976 ; Woo
et coll. 1987). De même, il a été montré que l'amplitude articulaire augmentait
suite à un échauffement (Henricson et coll., 1984 ; Stewart et coll. 1998 ;
Taylor et coll., 1995 ; Wiktorsson et coll. 1983). Un allongement réalisé dans
de telles conditions est certes important mais temporaire.
Par contre, cette déformation est plus durable si le tissu est "froid" car
le tissu atteint plus rapidement la borne supérieure de la phase II lorsqu'il
est "froid" que lorsqu'il est "chaud", et ce pour un même niveau de tension
(Sapega et coll., 1981). C'est pour cette raison que l'on a l'impression
qu'il est plus facile de pratiquer les assouplissements après une séance d'entraînement
que le matin au réveil. Mais, si l'on veut véritablement obtenir un effet significatif,
il convient de faire les assouplissements à distance d'un exercice physique,
afin de profiter de la baisse de température et de l'augmentation de raideur
qui l'accompagne ; ces deux phénomènes permettront d'obtenir des effets
plus rapidement pour un même degré d'allongement.
Mettre
l'articulation dans une position optimale
Cette position correspond à une
tension d'une intensité suffisante pour que les tissus puissent réagir. Cette
traction est d'autant plus élevée que le sujet est déjà entraîné. Si l'on dépasse
un certain seuil (figure 1, borne supérieure de la zone II), on entraînera un
affaiblissement du tissu qui nécessitera une phase de repos forcé, le temps
que le tissu se consolide à nouveau. Celle-ci peut aller jusqu'à 30-45 j ! Mieux
vaut bien doser les exercices d'assouplissement.
Maintenir
cette position de 30 s à 1 min
Il
est nécessaire de maintenir la position maximale atteinte dans ces conditions
afin d'obtenir un effet significatif sur le tissu conjonctif, très difficile
à allonger. Les proportions d'élasticité et de plasticité liées à un exercice
d'assouplissement sont déterminés par l'intensité et la durée
de la force appliquée pour allonger le tissu conjonctif. Des phases de maintien
successives de 30 s à 1 min 30 dans une position articulaire donnée seront nécessaires
pour obtenir un gain significatif et durable au niveau de l'amplitude articulaire.
Avec l'entraînement, le seuil de douleur tolérable recule et permet d'atteindre
des amplitudes de plus en plus importantes (Magnusson et coll. 1996a,b).
Atteindre
cette position de façon progressive
Un
point important concernant les tissus que l'on veut cibler au cours des assouplissements
est qu'ils ont eux aussi un comportement viscoélastique. Comme nous l'avons
signalé plus haut, on amènera le sujet dans la position voulue le plus lentement
possible afin de ne pas provoquer des raideurs indésirables tout en bénéficiant
de l'effet maximal au niveau tissulaire.
Pratiquer
régulièrement les assouplissements et optimiser leur planification
Il faut
IMPERATIVEMENT faire régulièrement des séances d'assouplissements car les progrès
sont très lents et les régressions rapides !
Mieux vaut faire des séances 3 à 4 fois par semaine (y compris
en dehors des séances d'entraînement elles-mêmes) à
raison de 15-20 min par session en se consacrant à chaque fois aux principales
zones articulaires en déficit.
Si l'on peut planifier ces séances de façon quotidienne, on diminuera
leur durée à 8-10 min et l'on se consacrera exclusivement sur
l'une des ceintures articulaires (scapulaire ou pelvienne), en la mobilisant
selon les différents plans et amplitudes articulaires spécifiques
à la pratique sportive considérée. Cela permettra de répartir
le travail de façon homogène sur l'ensemble de la semaine et de bénéficier,
en parallèle, d'un effet de consolidation des tissus permis par l'instauration
de cette alternance au niveau de la planification.
Enfin,
l'entraînement des assouplissements doit continuer même en période de repos
ou d'intersaison, sans pour autant être associé systématique à une pratique
sportive, afin que se maintienne le niveau de souplesse atteint pendant la saison.